Obéissance citoyenne : limites selon l’Eglise

Quand le citoyen doit-il ne pas obéir aux autorités civiles selon l’Eglise?

L'Eglise catholique est une institution qui a joué un rôle important dans le développement de la société occidentale. Depuis ses débuts, elle a enseigné que l'autorité civile est nécessaire à l'ordre social, mais elle a aussi souligné que cette autorité ne peut être absolue. Dans cet article, nous allons examiner quand et pourquoi l'Eglise enseigne que le citoyen peut désobéir aux autorités civiles.

L'autorité civile et l'enseignement de l'Eglise :

L'Eglise catholique reconnaît l'autorité civile comme une institution légitime et nécessaire pour le maintien de l'ordre social. Elle considère que l'Etat est investi d'un pouvoir qui lui permet d'exercer un contrôle sur ses citoyens, notamment en ce qui concerne les lois et la justice.

Cependant, l'Eglise ne considère pas que l'autorité civile soit absolue. Pour elle, cette autorité est limitée par des principes supérieurs tels que la justice, la liberté et la dignité humaine.

Le cas de la discrimination raciale :

L'Eglise catholique a été particulièrement active dans la lutte contre la discrimination raciale, souvent en encourageant les citoyens à résister aux lois discriminatoires. Par exemple, en Afrique du Sud, l'évêque Desmond Tutu a été un critique virulent de l'apartheid et a appelé à la désobéissance civile en faveur des droits des Noirs.

Dans un contexte plus large, l'Eglise a également toujours défendu les droits des minorités et a souvent appelé à la désobéissance civile pour s'opposer à des lois qui sont perçues comme injustes.

Le cas de l'avortement :

L'Eglise catholique est également connue pour son opposition ferme à l'avortement. Pour elle, la vie est un bien suprême et toute atteinte à la vie humaine est immorale. Dans ce contexte, l'Eglise estime que les citoyens ont non seulement le droit, mais aussi le devoir de s'opposer aux lois qui permettent l'avortement.

Dans certains pays, l'Eglise a encouragé les citoyens à refuser de payer des impôts qui financent des programmes d'avortement ou à organiser des manifestations pacifiques pour exprimer leur opposition à cette pratique.

Le cas de la guerre :

L'Eglise catholique estime que la guerre est souvent une injuste et que l'usage de la force militaire devrait être limité aux cas où c'est nécessaire pour défendre la justice et protéger les droits humains.

Dans ce contexte, l'Eglise s'est à plusieurs reprises prononcée contre des guerres particulières, appelant les citoyens à la désobéissance civile pour manifester leur opposition à ces conflits.

Le cas de la justice :

L'Eglise croit également que la justice est l'un des principes les plus importants qui doit guider l'autorité civile. Cette responsabilité implique de protéger les droits de tous les citoyens, y compris les plus vulnérables.

Dans les contextes où la justice fait défaut, l'Eglise encourage les citoyens à chercher des moyens pacifiques de s'opposer aux lois injustes ou de corriger les erreurs de l'autorité civile.

Conclusion :

L'Eglise catholique enseigne que l'autorité civile est une institution légitime qui a pour fonction de maintenir l'ordre social. Cependant, elle estime également que cette autorité est limitée par des principes supérieurs tels que la justice, la liberté et la dignité humaine.

Dans des situations où les lois des autorités civiles sont considérées comme injustes, l'Eglise encourage les citoyens à manifester leur opposition de manière pacifique et à résister aux tentatives de l'autorité pour les contraindre à se conformer à des lois qu'ils considèrent comme immorales.

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